Présentation de la série

L’esprit, les intentions et le format de la série…
La description des premiers épisodes de la saison consacrée à l’Amour.

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L’âme de la série


Cette série philosophique a pour objectif de toucher et de faire réagir tous les gens avec la maturité nécessaire pour comprendre les messages délivrés dans chaque épisode. Cette série est un trousseau de clés ouvrant les portes de la réflexion et elle vous apprendra peut-être à penser autrement, et certainement plus avec votre cœur éclairé par la raison.

Nous pensons promouvoir une approche différente pour mieux sensibiliser les spectateurs aux grandes questions philosophiques.

Quand elle est saisie dans des situations vécues et racontées par des gens lambda, la philosophie devient alors accessible. Cette enrichissante prise de distance dans la violence psychologique des situations décrites devraient tous nous concerner car « il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour commencer à philosopher » nous enseignait déjà Épicure.

Des gens se parlent. Des destins, de tous âges et de toutes origines se retrouvent face à des situations déraisonnablement émotionnelles et ils parlent d’eux, de leur joie, de leur douleur, de leur vie. Vous êtes invités à pénétrer leur intimité, à partager leurs émotions et surtout à en comprendre les raisons. Série Philosophia

Cette série est basée sur le grand œuvre du philosophe André Comte-Sponville.



André Comte-Sponville


Né en 1952, philosophe, maître de conférences à la Sorbonne jusqu’en 1998, il a récemment publié Le Sexe ni la mort. Trois essais sur l’amour et la sexualité (Albin Michel, 2012), Du tragique au matérialisme (et retour) (PUF, 2015), C’est chose tendre que la vie (Albin Michel, 2015).

Il a contribué à élargir l’audience de la philosophie avec des livres comme Le Petit Traité des grandes vertus (PUF, 1995) ou le Dictionnaire philosophique (PUF, 2013).

Fin lecteur d’Épicure et de Montaigne, il inscrit sa réflexion dans le courant du matérialisme philosophique, qu’il cherche à réconcilier avec la quête d’une vie spirituelle (mais sans Dieu). Il siège au Comité consultatif national d’éthique.
(Source : philosophie magazine)

Les échos qui me parviennent, après mes conférences, me confirment qu’elles intéressent les auditeurs, qu’elles les secouent, qu’elles les surprennent, qu’elles les dérangent, qu’elles les choquent parfois, enfin qu’elles leur donnent à penser, à réfléchir, à ruminer, à évoluer…André Comte-Sponville

Fuir les difficultés, arrêter d'en comprendre les raisons et cesser d'être humainement bon. Voilà les maux de notre société contemporaine auxquels nous nous intéressons dans cette série philosophique.

Comment essayer de se ressaisir du sens de ses actes ? Car tout a un sens et tout est analyse et réflexion. Se parle-t-on avec la force d'un cœur compris ? Se parle-t-on avec la justesse d'un esprit serein ? Se parle-t-on honnêtement ?

La génération a tendance à enterrer ses problèmes comme elle a fortement tendance à remplacer quelque chose sans essayer de réparer l'ancien. Et c'est peut-être là tout le souci...
L’amour, l’amitié, le bien, le mal, la vérité, la croyance, la spiritualité et j'en passe, sont inévitablement les préoccupations les plus importantes de notre vie.



« Des gens se parlent. Des destins, de tous âges et toutes origines se retrouvent face à des situations déraisonnablement émotionnelles et ils parlent d’eux, de leur joie, de leur douleur, de leur vie. Vous êtes invités à pénétrer leur intimité, à partager leurs émotions et surtout à en comprendre les raisons. »

  • Permettez-vous d’en comprendre le sens en saisissant les messages d’une vie plus sincère tournée vers ses émotions éclairées par le cœur et la raison.
  • Permettez-vous d’en saisir les messages d’affrontement, parfois violents psychologiquement, des passions dites malheureuses, des choses auxquelles on aimerait laisser le hasard en être l’hôte.
  • Laissez-vous submerger par ces histoires similaires aux vôtres car nous ne sommes différents que par degré.
  • Apprenons à vivre réellement et sincèrement. Ne vaut-il pas mieux une vraie désillusion qu’une fausse illusion ?

Format de la série


Chaque saison est déclinée en 10 épisodes.

Nous avons voulu créer une série philosophique au format court, 15 min, attirante, entre autres pour les jeunes lycéens et tous ceux abordant la philosophie, et de qualité cinématographique.

Dans cette première saison, chaque épisode met en scène une des facettes essentielles de l’amour : le manque, la cristallisation, la vérité de l’autre,

Des duos vont se créer au fil des épisodes.

Ils vont apprendre à se connaître, se mélangeant tour à tour pour créer de nouveaux duos, trios ou quatuors dans les épisodes de la deuxième saison : LE MAL : (« Qu’est-ce que le mal ?»)

Pourquoi l’amour ?


Nos expériences, notre culture, notre environnement, nos proches, nos traumatismes modèlent et façonnent nos pensées et nos actions.

L’amour n’y fait pas exception, et sur la question « pourquoi l’amour ? » tout le monde a un avis. Chacun y va de sa définition et c’est pour cela que le choix d’en parler s’est imposé à nous.

Tout est question d’amour. L’amour touche mais reste trop souvent incompréhensible. On entend partout que l’amour est aveugle, peut-être, mais il n’est pas sourd. L’amour s’écoute, l’amour s’entend et l’amour, même s’il ne se commande pas, s’apprend bel et bien. Il peut être dompté par sa connaissance.

L’amour n’est pas important, il est essentiel ; c’est l’essence même d’une vie heureuse car nous avons besoin d’aimer et d’être aimé.

On dit que l’amour est mystère. Bien évidemment, une part de mystère est assurée.
Nos tripes résonnent dans le désir avant tout le reste, et leurs sonorités peuvent dépasser notre compréhension.
Mais l’amour a ses règles. Ce désir nourrit cet amour, cet amour progresse dans la passion où cette passion se poursuit vers la sagesse…

Tous ces personnages, toutes ces histoires, tous ces décors, ajoutés épisode par épisode, forment une trame intimiste touchant un large public avec en commun ce lien universel : l’amour.
Les histoires et les différents points de vue apportent au texte toute sa richesse et le message qu’il véhicule. L’amour sera physique et moral. Il sera vu, entendu et finalement peut-être mieux compris.

Extrait des intentions de réalisation


Nous accordons énormément d’importance à l’identité visuelle de la série.

Pour cela, dans cette première saison, nous allons accentuer subtilement les couleurs de l’image, du décor et des costumes avec le ROUGE : cette couleur soulignera la thématique de la saison.

Prenons en exemple la série britannique Utopia crée par Dennis Kelly, l’effort visuel n’est pas commun. Les couleurs de l’image accompagnent et demeurent en maitre dans l’identité de la série. Nous voyageons dans le rouge vif, le vert éclatant, le jaune pétant.


Virgile, le personnage principal de l’épisode 1 de Philosophia, est un architecte réfléchi et bien cadré. Sa vie semble réglée telle du papier à musique et le contrôle rythme son mode de vie. Afin de souligner crument ce trait de caractère qui en devient bénéfique et renversant durant l’épisode, nous allons jouer sur la symétrie des plans.

Notre référence phare pour la réalisation et le montage d’une série s’appuie sur Peaky Blinders, la série britannique crée par Steven Knight.

Les cadres sont très travaillés, ils insèrent avec brio de multiples petits plans séquence et la symétrie des plans semble être de mise pour certaines scènes utiles avec le héros principal.

Nous voulons accorder la même importance aux espaces scéniques que cette série britannique.

Il n’y a pas de séries sans acteurs.

La série The Affair crée par Sarah Treem et Hagai Levi et réalisée par Mark Mylod a su dégoter des acteurs talentueux, c’est aussi en très grande partie pour cela que cette série a fonctionné. Le scénario revisite l’adultère, sujet tant et tant traité, mais le scénario réussit déjà sur le papier à apporter un nouveau souffle et la réalisation permet aux acteurs de construire un jeu dans le détail et dans la simplicité.

De même, nous ne cherchons pas à sublimer l’acteur, nous primons sur l’authenticité.

Philosophia accorde un grand soin au réalisme du jeu de ses acteurs.

Les brèves rencontres quotidiennes des personnages principaux d’un épisode avec d’autres personnages secondaires, sont notre fil conducteur. Ainsi, le prochain épisode se focalise sur la vie des personnages secondaires rencontrés dans l’épisode précédent, et faisant d’eux les nouveaux personnages principaux.

Et la magie ne peut opérer qu’à la condition de ne pas oublier l’importance du décor, des accessoires et costumes.

C’est pourquoi nous travaillons avec une artiste peintre, avec plusieurs stylistes notamment la créatrice de vêtements féminins MyPhilosophy et avec un créateur italien de bijoux.

Enfin la musique permet de sublimer le texte, d’exprimer les émotions quand les mots ne suffisent plus ou sont encombrants et de créer une identité singulière. Plusieurs musiciens, compositeurs et mixeurs se joignent au projet afin d’obtenir un véritable couple musique/cinéma.

Les premiers épisodes

Épisode 1 – L’amour du manque

Résumé

L’amour est désir ; le désir est manque. Voilà pourquoi le bonheur si souvent, est manqué : « il n’y a pas d’amour heureux » (Aragon). Ce premier épisode parle de cette passion amoureuse déclinante telle que nous la vivons, telle que nous l’expérimentons tous.
Ce premier épisode nous aide un peu à comprendre la vérité de la passion amoureuse, donc aussi son échec obligé (« il n’y a pas d’amour heureux »), dans la mesure où, dans nos histoires d’amour, nous ne savons aimer ou désirer que ce qui nous MANQUE.

Les personnages

Virgile et Raphaël vivent ensemble et sont en couple.

Raphaël, 25 ans, est une personne volatile qui s’est surpris à tomber amoureux de Virgile. Il est barman, aime les sorties et ne supporte pas la solitude. Le regard des autres est très important, il change souvent d’opinions et de style et ce n’est qu’avec Virgile qu’il laisse sa vraie nature s’exprimer. Il est sincèrement gentil avec tout le monde car n’aimant pas les conflits, il fait toujours en sorte de n’avoir aucun désaccord avec ses amis.
Le traumatisme de sa famille qui a très mal réagi à son homosexualité l’enferme dans une paranoïa d’abandon.
Pour vivre, il faut être plusieurs et il ne le conçoit pas autrement.

Virgile, 29 ans, est architecte et construit sa vie comme il construit ses bâtiments. Il prend soigneusement le temps d’étudier les bâtisses de ses travaux et étend cette vision dans ses relations. Il est conscient que rien n’est éternel, il s’efforce seulement de vivre ses expériences le plus parfaitement possible, sans regret.
Certains le pensent pessimiste mais pour lui, ce n’est que se débarrasser de songes inutiles et d’apprécier la vie telle qu’elle est, avec ses instants de joies et de tristesses.
Venant d’une famille nombreuse, il n’a pas toujours eu l’attention qu’il espérait, étant même parfois refoulé. Il en est vite devenu autonome et libre (pour autant qu’on puisse l’être) de ses actes.
Avec Raphaël, il se sent plus enfantin qu’il ne l’a jamais été.

Extrait du scenario

Virgile sourit puis s’assoit sur le canapé. Raphaël entre, se fige un peu, dépose le verre pour Virgile sur la table et s’assoit en face de lui.

VIRGILE

Tu crois toujours en nous ?

RAPHAËL

Houlà, je n’aime pas quand ça commence comme ça.

VIRGILE,
calme

Je veux juste que tu répondes à la question.

RAPHAËL

À partir du moment où tu te poses la question, c’est que c’est foutu…
(Il boit.)

VIRGILE

Et donc, tu ne veux pas me dire ?

RAPHAËL

A quoi ça sert ? Tu as tout dit en posant cette question.

VIRGILE

Raph, calme-moi s’il te plait.

Raphaël détourne le regard et soudain, son portable retentit sur la table basse devant eux.

Épisode 2 – La cristallisation

Résumé

La passion amoureuse se nourrit plutôt d’imagination et de méconnaissance. C’est pourquoi être amoureux, c’est forcément se faire des illusions sur celui ou celle dont on est épris.

On aime quelqu’un pour ce qu’il n’est pas ; on le quitte pour ce qu’il est. C’est ce que Stendhal appelle la cristallisation. Retrouver la vue après l’éblouissement de la passion, voilà toute la trame de ce deuxième épisode.

Les personnages

Jeanne et Théo étaient en couple.

Jeanne, 23 ans, est une jeune femme très douce et sensible mais son caractère n’en est pas moins explosif. Elle ne supporte pas l’injustice et cherche constamment à y remédier à travers les gens qu’elle rencontre. Elle se remet quotidiennement en questions et cherche à comprendre les mystères de la vie. Elle aime Théo ou du moins, elle l’a follement aimé mais elle a compris, peut-être un peu tard, que c’était comme tomber dans un trou noir et qu’il n’y avait pas de place pour elle et ses propres jugements dans leur « couple ». Elle a vécu beaucoup de désillusions mais se redresse toujours avec force.
Elle fait confiance à la vie.

Théo, 26 ans, est très charismatique. Son petit monde ne doit tourner qu’autour de lui. Il cumule les aventures amoureuses, parfois plusieurs en même temps mais ne connaît que très peu les vrais sentiments amoureux. Enfant gâté, il pense inconsciemment que tout lui est dû. Il a une forte sensibilité qu’il ne veut pas considérer comme une qualité essentielle dans ses relations humaines ; au contraire, il reste persuadé que c’est une faiblesse et il s’interdit tellement d’être faible qu’il s’interdit d’être lui même.
Il se construit un monde fait de mensonges et d’hypocrisies en pensant que c’est comme ça qu’il ne souffrira pas.

Extrait du scenario

JEANNE,
se débattant

Moi j’ai été conne, peut-être, mais toi t’as été un sacré connard aussi ! Tu m’as menti Théo !
(Elle le pousse encore.)

THÉO

Quoi ?!

JEANNE

Tu savais que je te voyais comme ça et tu as continué à être celui dont je rêvais.
Tu m’as dupée ! Tu as voulu me plaire et tu n’as pas été honnête ni envers toi ni envers moi. (Elle recule pour mieux le voir) J’étais aveuglée par cette image magnifique que j’avais en face de moi et je n’y voyais que du feu…Franchement Théo ?

THÉO,
restant de marbre

Oui ?

JEANNE

Je t’en veux. Je t’en veux parce qu’aujourd’hui j’ai l’impression d’avoir été seule dans cette histoire… Comment j’ai pu ne rien voir ? Tu m’as fait croire que je pouvais tout avoir avec toi, qu’on pouvait tout vivre et moi je t’ai attendu torturée dans mes illusions…
J’ai été conne Théo mais toi, t’as été un bel enfoiré.

THÉO

Jeanne c’est faux…

JEANNE

Ah bon ? Alors viens ! Tenons nos putains de promesses pour une fois ! On reprend depuis le début, on efface tout et on recommence. On le fait vraiment, à fond…
Prêt ?
(Elle lui tend les bras.)
T’es avec moi ?
(Théo ne dit rien.)
On s’aime non ? On s’offre entièrement ?

Épisode 3 – La déclaration

Résumé

« Chaque fois que je pense à toi, cela me rend joyeux. » C’est une déclaration d’amour qui ne demande rien en retour, ce qui est proprement exceptionnel. L’amour n’est plus manque, l’amour est joie.

Le troisième épisode met en scène, de façon singulière, l’intensité d’une si belle déclaration.

Les personnages

Aurore et Matthieu vivent ensemble et sont en couple.

Aurore, 27 ans, est une très jolie femme qui attire de nombreux désirs chez les hommes. Elle est consciente de ce pouvoir et en joue naïvement pour se rassurer. Le divorce difficile de ses parents l’a amenée à chercher l’homme idéal pour se débarrasser définitivement de l’image ternie qu’elle a de l’amour.
Elle est libraire, vit entre la réalité et la fiction et ne s’étonne même plus d’oublier les différences majeures entre ces deux mondes.
Elle veut faire de sa vie un livre mais s’efforce pour l’instant d’en comprendre tous les mécanismes.

Matthieu, 29 ans, a vécu plusieurs drames amoureux. Il vit ses amours avec passion tout en y étant spectateur. Il est conscient des erreurs qu’il a commises auparavant et tente d’arriver aujourd’hui à la relation dite « parfaite ». Mais il sait aussi qu’il n’y arrivera pas.
Il est musicien interprète, est ému par le pouvoir absolu de la musique dans le monde et compose des textes qui parle essentiellement du rapport amoureux car il n’y a que ça qui l’inspire.
C’est un homme patient, attentif et honnête. Le mensonge le rend, a contrario, impulsif, froid et dangereux.

Extrait du scenario

AURORE

Je t’aime.
(N’ayant pas de réponse, elle se penche vers lui et répète à nouveau.)
Je t’aime.
(Elle commence à le taquiner en montant sur lui. Ils rient puis se séparent en changeant de côté dans le lit. Elle le regarde, penchée vers lui.)
Pas toi ?

MATTHIEU,
regardant toujours droit devant lui

Grrrr…Tu sais que je n’aime pas quand tu dis ça…

AURORE,
un peu lassante

Oui oui je sais… Mais pourquoi ? Avant je croyais que tu ne le pensais pas. Maintenant je sais que c’est réciproque, je le sens. Alors pourquoi tu ne me le dis pas ?
(Temps.)
Hein ?

MATTHIEU,
la regarde en penchant la tête

Quand tu me dis « Je t’aime », tu me demandes quelque chose mon ange, et pas seulement que je te réponde « moi aussi ».

AURORE

Quoi ? Bien sûr que si. J’ai besoin de ça, j’ai besoin de l’entendre. C’est tout.

Elle avance une main pour lui caresser tendrement le bras tout en souriant timidement.
Matthieu pivote son corps entièrement face à elle, il ne la touche pas mais la regarde intensément.

Épisode 4 – L’utile à l’agréable

Résumé

On aime quelqu’un pour ce qu’il n’est pas ; c’est la cristallisation. On le quitte pour ce qu’il est ; c’est le désamour.

Ce quatrième épisode, par une construction en voix-off et en flash-back entremêlés au présent, nous éclaire sur la douleur silencieuse du désamour.

Les personnages

Leelou et Jules étaient en couple.

Leelou, entre 30 et 35 ans, est peintre. Elle est perfectionniste et aime aller jusqu’au bout des choses. Elle envisage l’avenir sereinement et se consacre entièrement à sa passion. Elle n’hésite pas à mettre les mots sur tout ce qu’elle ressent et n’a aucun tabou.
Elle ne supporte pas qu’on prenne une décision à sa place ce qu’il la rend susceptible. Jules lui apportait beaucoup de stabilité et de sécurité. Elle aménage son rythme de vie en fonction de ses envies et de ses besoins. C’est une femme très sociable, elle est autant entourée d’amitiés fidèles que d’amitiés passagères.

Jules, entre 30 et 35 ans, est un grand romantique. Il attache beaucoup d’importance à ses ressentis. Il aime l’imprévu et tout ce qui pourrait lui apporter de nouvelles émotions et sensations. Jules réinvente sa vie en fonction des rencontres et voyage à travers ses expériences. Dans sa vie, Leelou représentait la liberté et par conséquent l’inatteignable. Il n’a pas de passion ni de rêve personnel, il vit en fonction des autres plus qu’en fonction de lui ce qu’il qualifie autant comme un drame qu’une fierté.

Extrait du scenario

VOIX OFF

Je crois que j’ai compris une chose.
(Leelou attrape ses pinceaux, prépare ses couleurs et s’installe face à une grande toile. Elle commence à peindre.)
C’est comme un objet qu’on va vouloir acheter dans un magasin. On l’achète pour son utilité, il se présente de telles manières avec telles fonctionnalités. L’objet nous plait, on désire l’acheter alors on le fait.
Bon, jusque là, tout va bien.
Puis, on va passer dans une phase où on va tester cet objet jusqu’au bout, du bout, du bout.
On va l’essayer, s’en servir, on va l’user et finir par le connaître par cœur.
(Ellipse. Le jour se lève.)
Passer cette phase, cela prendra le temps que ça prendra, mais on va s’en lasser.
(Elle regarde par la fenêtre, s’étire de nouveau lentement chaque partie de son corps.)
Il ne nous intéresse plus. On s’en est tellement servi qu’on ne souhaite plus s’en servir.
Le désir a disparu.
(Leelou pose ses pinceaux. Elle a fini son tableau et le contemple calmement.)
L’objet va finir entasser parmi tous les autres objets. On va finir par le voir comme un objet neutre, un objet lambda.
(Elle enfile sa veste et s’apprête à sortir.)
Sûrement, avec nostalgie, on s’en servira encore un peu… Occasionnellement. Et peut-être que tout simplement, on va vouloir acheter un objet plus performant qui finira par prendre la place de l’ancien.

Elle sort de l’appartement.

Épisode 5 – La passion en CDD

Résumé

La passion peut-elle durer ? Oui ! Mais à une seule condition ; c’est que la passion soit malheureuse. La passion ne peut durer que dans le malheur ; le bonheur, inévitablement, y met fin.

Dans un dialogue émouvant entre un grand-père et sa petite fille, le cinquième épisode donne vie à ce paradoxe en convoquant Tristan et Iseult ou encore Adèle H.

Les personnages

Olivia est la petite fille de Michel.

Olivia, 20 ans, a de bien grandes illusions concernant l’amour. C’est une jeune rêveuse qui s’imagine vivre le parfait conte de fées. Elle fait des études de commerce et pense comprendre comment le monde fonctionne. Ses parents, mariés depuis 30 ans, représentent l’image qu’elle s’est faite de l’amour, défini en ses termes comme un long fleuve tranquille.
Elle est soigneuse et méthodique. Elle ne croit en aucune religion, seulement en ce qu’elle voit. Elle analyse ses pensées et veut devenir la parfaite femme accomplie que rien ni personne ne peut réussir à faire flancher.

Michel, entre 75 et 80 ans, aime profondément la nature humaine. Retraité, il était facteur dans son petit village. Son métier lui a permis de tisser toutes sortes de liens dans chaque foyer. Il a longtemps été aussi bien leur facteur que leur confident, leur psychologue, leur ami ou bien quelquefois un membre de leur famille.
Il exécutait tous ces rôles avec bonheur et sa principale préoccupation était de rendre ces gens moins peureux et moins seuls.
Il a appris à analyser ces relations humaines avec beaucoup de philosophie et aujourd’hui c’est un homme profondément touché par la vie qui a vécu des histoires fabuleuses.

Extrait du scenario

OLIVIA,
émotive

Je pensais que c’était l’homme de ma vie. Je ne comprends pas, j’étais vraiment persuadée de ça, tu vois. Et là, il m’a quittée.
(Temps.)
Je suis triste, je suis réellement triste mais je ne sais pas… (Elle lève les yeux.) Je n’imaginais pas de fin.
Je suis triste mais je ne suis pas dévastée et ça… ça… (Temps.) Ça, je ne comprends pas.
(Elle se lève.)
J’ai toujours cru que si Julien me quittait un jour, je mourrais. Mais là, je suis vide. Et j’ai peur.

MICHEL

Houlà houlà…

OLIVIA,
le coupant

Pourquoi je ne ressens pas comme si une partie de moi était partie ?
(Elle boit une gorgée.)
Pourquoi je ne me sens pas plus mal que ça, hein ? Pourquoi j’arrive à marcher, à te parler ?
(Michel se sert du thé à son tour.)
Je l’aime papy… Tu sais que je l’aime et je le sais aussi. Alors pourquoi ? Pourquoi je n’ai pas envie de tout faire pour le récupérer ?
(Elle se prend la tête dans les mains.)
Ce n’est pas logique.

MICHEL

Oh ma petite poupée… Ma petite Olivia. Il va bien te falloir de nombreuses années avant d’élucider les mystères de l’amour. Ce que voudraient les jeunes, ceux de ta génération, c’est que la passion dure toujours que l’amour ne soit jamais sage, que l’amour soit toujours fou et triomphant, bref que l’amour dure comme au premier jour.
Un véritable conte de fée n’est-ce pas ?

OLIVIA,
chuchotant

Comme papa et maman, c’est tout.

Épisode 6 – La vérité de l’autre

Résumé

L’amour peut survivre à la désillusion. Chacun apprend à aimer la vérité de l’autre, tel qu’il est, tel qu’il change, tel qu’il évolue. C’est ce qu’on appelle un couple heureux.

Un couple heureux, c’est un couple où chacun des deux connaît l’autre sincèrement, et l’aime quand même. L’amitié maritale, comme l’appelait si joliment Montaigne, est le fil conducteur de ce sixième épisode de la saison sur l’Amour.

Les personnages

Greg et Victor sont frères.

Greg, entre 35 et 40 ans est un grand solitaire. Il a peu confiance en lui, ses faits et gestes sont toujours rapides et brutaux ; il cherche constamment à tout contrôler ce qui peut le rendre vite colérique. Il a une situation aisée mais reste persuadé qu’il n’est pas attaché à son compte en banque contrairement à son grand frère Victor qu’il voit en de très rares occasions. Il a vécu une enfance difficile notamment l’abandon et il cherche, en un sens, à combler ce vide et ce traumatisme par la luxure et le matériel.
Greg est quelqu’un de très sensible qui n’a jamais vraiment guéri de ses blessures et en veut toujours à son frère. Devant lui, il cherche à se prouver encore bien des choses.
C’est un homme d’action.

Victor, légèrement plus âgé que Greg, entre 40 et 45 ans, est un être calme, réfléchi et direct. Il a le goût pour les bonnes, belles choses et s’en délecte facilement comme un cigare ou une œuvre d’art. Il est directeur d’une grande entreprise, il a le franc parlé et l’allure ce qui, dans un sens, agace fortement son petit frère qui cherche à lui ressembler.
Il a pris de nombreuses décisions jadis qui l’a éloigné entre autres de sa famille. Il a longtemps regretté mais aujourd’hui il apporte un regard critique sur les faits et cherche à se rattraper.
Victor semble peu sensible mais très raisonné. Il cherche à donner un sens à tout.
C’est un homme de pensées.

Extrait du scenario

GREG,
pensif

J’ai rencontré quelqu’un.
(Il boit.)

VICTOR

Elle s’appelle comment ?

GREG

Colline.

VICTOR

Ah oui. Original.

GREG,
amusé

Je suis habitué. J’aime vraiment son prénom.

VICTOR

Et elle ?

GREG,
relevant la tête

Quoi, elle ?

VICTOR

Bah elle. Tu l’aimes ?

GREG

Je l’aime oui. J’aime ce qu’elle m’offre, ce qu’elle me laisse entrevoir.
(Temps.)
Je la désire tellement. J’te jure, elle me reste toute la journée dans le crâne.

VICTOR

Ça fait combien de temps ?

GREG,
n’entendant pas la question

Je l’aime pour son mystère.

VICTOR

Quoi ?

GREG

Pardon, tu disais ?

VICTOR

Tu viens de dire quoi ?

GREG

Que je n’avais pas entendu la question.

VICTOR

Non, juste avant. Tu as dis que tu l’aimais pour son mystère ?

GREG

Oui, c’est ça.

VICTOR

Tu es donc en train de me dire que tu l’aimes parce que tu ne la connais pas.
(Il tend son verre.)
Fabuleux !

Victor boit son verre cul sec puis s’en ressert un.
La sonnette retentit.